Trök |
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Refonte de
«Mundus Novus» (paru en 2011), «Trök» en reprend la mécanique tout en
l’installant dans le monde de l’excellent «Nidavellir» (2020). Les auteurs,
Bruno Cathala et le très regretté Serge Laget, restent les mêmes. Grrre Games et
Jean-Marie Minguez, respectivement éditeur et illustrateur de «Nidavellir» et de
ses extensions, sont eux aussi de la partie. S’ajoutent encore à l’équipe Pierô,
dessinateur de talent, et le coloriste Bruno Tatti. Tout ce beau monde a donc
donné vie à ce «nouveau» jeu qui ravira les amateurs du genre.
Quel genre?
Celui qu’affectionne tout particulièrement Bruno Cathala: les choix permanents.
Lors de chaque action, plusieurs options seront possibles. Il faudra alors
choisir la meilleure, ou la moins bonne, parier sur l’avenir ou enquiquiner
l’adversaire. Ou tout à la fois.
Le but du jeu
est d’accumuler 50 aare, la monnaie des nains. Si, au terme d’un tour, au moins
un des joueurs y parvient, la partie s’arrête et le plus riche l’emporte. Mais
il est également possible de gagner immédiatement si, lors de son tour, on
parvient à réunir un exemplaire de chacune des huit cartes. Nous y reviendrons.
Au début de
chaque tour, chaque joueur reçoit cinq cartes équipement. Ces cartes sont
numérotées de 1 à 7 (plus leur valeur est élevée, moins elles sont fréquentes)
et il y a aussi deux pierres d’arcane qui servent de jokers. Le joueur en
choisit trois qu’il place face cachée sur la table. Ensuite, tout le monde
révèle ses cartes simultanément. Celui qui a le total le plus élevé reçoit le
jeton de maître du commerce et joue en premier. Il choisit une carte devant un
adversaire et choisit ensuite de la placer dans sa main ou de la déposer dans le
marché central, composé de trois cartes. Dans ce cas, il choisit celle contre
laquelle troquer la carte qu’il vient de prendre et l’ajoute à sa main. Cette
action peut être doublement voire triplement intéressante car, si au terme de
son troc, les trois cartes du marché sont identiques, elles sont défaussées et
remplacées par trois nouvelles et, surtout, le joueur reçoit trois aare. Le
joueur chez qui la carte a été prise doit alors faire les mêmes choix avec les
cartes restantes, et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les cartes aient été
récoltées.
On passe
ensuite à la phase de combinaison. Toujours en commençant par le maître du
commerce et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, chaque joueur
va choisir la façon dont il combine les cartes de sa main. Il peut déposer un
seul ensemble de minimum trois cartes de la même valeur et/ou une seule suite de
minimum trois cartes. Trois cartes identiques rapportent autant d’aare que la
valeur jouée, plus trois aare par carte supplémentaire (par exemple, quatre 6
rapportent 9 aare). Une suite permet de choisir une carte amélioration dans une
rangée composée de sept de ces cartes. Plus la suite jouée est longue, plus le
choix est grand.
Parmi les
cartes amélioration, on trouve de nombreux nains qui offrent chacun un pouvoir
unique pour le reste de la partie. Mais on peut aussi choisir une mine (qui
permet de recevoir une carte supplémentaire), un chariot (qui permet de choisir
une carte de sa main, à condition de ne pas avoir joué toutes ses cartes bien
entendu, et de la conserver pour le tour suivant) ou encore un filon (qui permet
de transformer une carte de valeur 1 en pierre d’arcane).
Bien entendu,
chaque joueur orientera ensuite sa façon de jouer en fonction des cartes
amélioration qu’il aura préalablement glanées. Par exemple, en donnant la
priorité aux cartes vertes (celles de valeur 2, 3 et 4). Ou en essayant de
placer un maximum de cartes rouges dans le marché central. Ou encore en
accumulant un maximum de mines, filons et chariots. Ce qui engendre des choix
supplémentaires, mais rapporte des aare. Sans oublier la fameuse série,
difficile à constituer, de 8 cartes différentes qui octroie immédiatement la
victoire. Faut-il choisir cet objectif ou privilégier la voie classique? Il ne
faudra en tout cas pas rater l’opportunité quand elle se présentera.
Maintenant,
relisez les quatre paragraphes précédents et vous constaterez à quel point les
mots «choix» et «choisir» sont omniprésents!
Au final, avec
«Trök», Bruno Cathala et Serge Laget ont surtout rendu beaucoup plus efficace
«Mundus Novus», notamment en simplifiant la phase de combinaison. Et puis, les
illustrations sont magnifiques et le matériel est splendide, ce qui offre un
très grand plaisir de jeu.
Bref, «Trök»
est une très belle réussite qui plaira certainement aux afficionados de
«Nidavellir», à celles et ceux qui trouvaient «Mundus Novus» un peu alambiqué
et, de manière générale, aux amateurs de jeux bourrés de … choix.
Pour le reste,
n’hésitez pas à découvrir la genèse du jeu, racontée par Bruno Cathala, en
suivant le lien ci-dessous.
Trök: un jeu de Bruno Cathala et Serge Laget, illustré
par Jean-Marie Minguez et Pierô, colorisé par Bruno Tatti et publié en mars 2026
par Grrre Games.
11/04/2026 |